Ces politiques qu’il faut faire taire

Christian Vanneste m’a encore crevé les tympans. C’est triste. Je suis Narcissique parce que je suis homosexuel. Je suis individualiste, je suis dangereux pour l’humanité. Sachez, M. Vanneste, que je suis narcissique uniquement parce que je m’appelle Oskar Cyrus, et que la grandeur de ce nom suffit largement à m’aimer. Je n’ai pas besoin de quelqu’un d’autre pour être narcissique. Mais je suis homosexuel parce que c’est comme ça. Je ne l’ai pas choisi. Et à dire vrai, à  la vue de votre connerie, et du combat qu’il reste à mener, si je devais choisir, rien que pour vous combattre, je choisirais l’homosexualité. C’est clair et sans retenue. Je vous méprise.

Sachez que l’homosexualité n’est pas une maladie mentale. N’a jamais été une maladie mentale, et existe depuis que l’homme est homme, et que la femme est femme. De tous temps il y a eu l’homosexualité. Antiquité, moyen-âge (combien de nos rois? Beaucoup, M.Vanneste), …etc Oscar Wilde a fait les frais d’une morale que vous défendez encore, mort sans la reconnaissance, mort et emprisonné par un pays qui n’acceptait pas encore la différence, l’Angleterre. Les mêmes arguments: la maladie mentale, la dépravation. Combien de siècles encore à venir placés sous le signe de l’homophobie, de l’intolérance et la négation d’une identité?

Car c’est bien cela: Une identité. Ce n’est pas une maladie, ce n’est pas un choix. C’est une identité, au même titre que d’autres ont les yeux bleus ou marron, les cheveux bruns ou blonds, l’homosexualité, tout comme l’hétérosexualité, et la bisexualité, sont des identités. Quelque chose que l’on ne doit pas nier. Regardez la courbe des suicides. Ne sont-ils pas trop nombreux chez les homosexuels? Et bien c’est grâce à des gens comme vous, M Vanneste.

Sur le site du Post.fr (http://www.lepost.fr/article/2009/11/13/1789253_homosexualite-un-depute-choque-dans-c-dans-l-air_2.html#reactions)

En dessous de l’article, plusieurs réactions d’internautes méritent qu’on les citent, au moins pour la brillance du propos, et l’intelligence de leurs auteurs.

Proutmachère (c’est ainsi qu’il veut se nommer):

Allez y les homos, défoulez vous contre un type qui a le courage de ses opinions, d’autant que ce n’est pas fréquent. J’espère pour vous que vous n’êtes pas croyants car avec votre volonté de convaincre les gens d’adhérer à vos moeurs, vous pourriez subir le sort des gens de Sodome. Personne ne me convaincra du contraire , comme dit la chanson, qu"‘un " nid a merde vaut mieux qu’un moule a pine".

Sache que la religion a depuis fait un grand pas, dans certaines régions du monde. Notamment en Suède où de nombreuses églises reconnaissent et bénissent les mariages homosexuels. Alors ta référence biblique pas bien maitrisée, ton intolérance de petit facho rasé du crâne, ta petite cervelle grise et noire, et ta putain de croix gammée, je la mets sur mon petit autodafé. Car au cas où les cours d’histoire ne te reviennent pas (tu dormais?), les derniers en Europe à avoir fait passer les homos par la cheminée, ce sont les nazis. Mais bien sûr, tu en es, donc…

Maintenant, passons à TROP AIDET (pas aidé du tout…)

J’ai vu l’émission en question et je ne voie pas que Vaneste ait "choqué" qui que ce soit. Il a simplement fait remarqué, comme tout le monde pouvait le voir, qu’une des nanas "clopait" sec devant le mome. C’est son droit mais il n’était inutile de faire remarquer que, contrairement à l’image pieuse que veulent présenter ces bonnes femmes, la réalité des défauts humains existe aussi chez les lesbiennes. Vaneste a eu un gros tord auquel je ne me serais jamais fait prendre : ces émissions pièges avec le psychiatre acheté, où tout est arrangé pour vous démolir, y compris avec une salle faite quand c’est possible, contre vous, c’est à fuir. Laissez les abérations de la nature entre elles et ne leur servez pas de faire valoir. Je n’aime que les femmes et j’en suis très heureux. Je plainds sincèrement ces gens qui ne savent plus qui ils sont. Et si ça défrise certains/certaines, je m’en fous. Point barre.

Je suis donc une aberration de la nature, mon cher. Et bien peut-être. Mais qui m’a fabriqué? Miracle, mon cher, un Homme, et une Femme! a priori aucun homosexuel dans la famille, ce qui prouve donc que ce n’est pas une maladie génétique, comme tu le laisse entendre. Et bien révise ta grammaire, d’abord (il fallait que je te le dise), et ensuite prends une corde.

et ensuite, hmmm (c’est son pseudo, je n’y peux rien)

Il en fallait bien que quelqu’un se devoue pour réfleter l’opinion d’une partie de la population.

Bien ouais, on est pas tous né en 1980.

Merci , mr Vanneste

Le que sais-je pris pour exemple date comme par hasard de 1982, basé sur des études américaines de 1970. Époque où l’homosexualité était encore considérée comme une maladie mentale. Merci, hmmm, pour cette brillante intervention. Ensuite, d’après un sondage BVA récent, 57% des Français sont pour l’adoption par des couples homosexuels. et 64% sont pour le mariage homosexuel. Tu n’es pas en majorité, et tu restes dans le camp de l’intolérance et du rejet. Un camp qui n’existe pas, qui ne doit pas exister. Nous sommes tous humains. LA seule maladie mentale, le seul mal qui puisse être répréhensible, c’est la bêtise dont tu fais preuve.

Voilà. Je vous laisse sur le profond dégoût que m’inspire cet homme, et tous les fachos qui le suivent. Si d’autres internautes courageux veulent se faire humilier sur mon blog, je laisserai passer tous les commentaires. Et je répondrai.

Oskar Cyrus

Pour mourir, vous aurez des somnifères

On a pu constater l’air bétonné de la tension grippale. Un malheureux toussotement dans une rame de métro, dans un bus ou dans la rue, et vous vous retrouvez seul. Les rues sont vides, on croise des gens avec des masques, les femmes enceintes de sortent même plus, et les malades sont soigneusement mis au banc de notre société. H1N1, c’est la terreur du moment, A, porcine, ou ce que vous voudrez d’autre. C’est LE truc à la mode, la maladie hypra chic qu’il faut contracter pour être dans le vent. Ouais. La grippe A, c’est sympa.

En théorie. Parce qu’en pratique, tout le monde en a peur. Même si c’est une grippe plutôt légère, tout au plus gênante, rien de bien méchant. Sauf qu’elle touche les bébés, les grabataires et les femmes enceintes qui, faute de bonne canicule cet été, s’en sont sortis. La nature est bien faite. Avouez-le. Avez-vous essayé le masque? Pas très socialisant, les gens vous désertent. Un conseil: Préférer largement faire semblant de ne pas être malade, c’est beaucoup plus socialisant. Les femmes enceintes, on s’en fiche un peu, il faudra bien qu’un virus arrête un jour ou l’autre le surpeuplement planétaire.

Alors y a pas à dire: La grippe A, c’est sympa.

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La ville à quelque chose de dévorant, quand on y pense. N’importe quelle ville. N’importe quel tas de béton ou de brique, où les fourmis grouillent, où le bétail se presse, où les moutons courent d’un point à un autre sans vraiment savoir pourquoi. La ville est dévorante parce qu’elle est le mouvement. Elle est constamment un même mouvement, désordonné, informe, un mouvement irréfléchi et frénétique, incessant. Si l’on reste immobile au milieu de la foule, une étrange impression d’apnée nous prend. La ville est aussi ça. Si vous vous arrêtez, vous n’entendez plus rien, vous ne voyez plus rien d’autre que le flou du mouvement. Le pire, peut-être, c’est que personne ne vous verra.

Essayez l’apnée en ville. Respirez, bloquez, fermez les yeux. Écoutez. Il n’y aura rien pour frapper sur votre tympan. Rien de concret. Oh, si, bien sûr, le bourdonnement de la circulation, qui comme un autre silence tapisse le fond sonore, mais il n’y aura plus de voix, pas un mot ne s’arrêtera. Pas un.

La nuit, à travers vos paupières mi-closes il y aura la lumière des lampadaire. Comme l’a écrit Bohringer, C’est beau une ville, la nuit. Il y aura les phares des voitures. Et à vos oreilles parviendra peut-être la musique du café d’en face, ou les rires des noctambules, le râle indiscret de ceux qui ont trop bus, et le silence des absent. C’est beau une ville, la nuit. La nuit. Moins dévorant, pas moins mouvementée, non, moins frénétique, sûrement. Et vers la fin, quand le monde est couché et qu’il ne reste que vous à attendre le jour sous la lumière tremblante des lampadaires, les chaussures dans les flaques de crasse, la main sur la pierre d’un immeuble, l’esprit dans les étoiles invisibles, et le silence ; vers la fin, c’est magnifique. On entend un bruit de pas solitaire, on s’éclipse pour éviter l’importun, on reste, on part. La liberté.

La nuit seul chez soi, c’est angoissant. La nuit chez soi, même entre amis, c’est angoissant. La nuit dans la ville, c’est distrayant. La nuit seul dans la ville, c’est magnifique.

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Pour mourir, vous aurez des somnifères. C’est cette société qui vous les donnera. Celle de la prohibition et du vide de l’envie. C’est elle qui vous donnera la corde pour vous pendre. C’est elle qui vous tuera. Quand il n’y a pas d’avenir, il n’y a pas d’espoir. Le monde est foutu. Je le sais. Le monde est foutu. Il n’y a qu’à regarder de tous côtés, la Terre qui s’écroule à chacun de nos faux pas, et l’intérieur des Hommes. Nous sommes tous foutus. Vous en premier.

Pour mourir, avalez tout. Avalez tous les somnifères. Avalez-les tous. Tous. Pilules blanches et rouges, roses, jaunes. Avalez tout ça. On se reverra.

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Une belle leçon de vie. Regardez bien les images.

(srce: http://www.amandapalmer.net)

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Un dernier mot sur le débat qui vous passionne tous (si, si). Regardez donc les paroles que vous allez êtres obligés de chanter d’ici quelques mois, au moins une fois par an (si, si).

1er couplet

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L’étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Egorger vos fils, vos compagnes !

Refrain :

Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu’un sang impur
Abreuve nos sillons !

2

Que veut cette horde d’esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter !
C’est nous qu’on ose méditer
De rendre à l’antique esclavage !

3

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

4

Tremblez, tyrans et vous perfides
L’opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S’ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prets à se battre !

5

Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Epargnez ces tristes victimes,
A regret s’armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !

6

Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

7

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n’y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre

Quelles belles paroles de paix! D’amour! Quel exemple!

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Voilà. Nous terminons ce jour.

Amitiés,

Oskar Cyrus

Se réveiller est un temps si dur

Aujourd’hui, un réveil de fantôme m’a dit, pour cette nuit, que je rentrerai. S’exercer à rester debout. S’exercer à tester tous les boutons de cette foutue existence enfuie au siècle dernier. On ira au dessus des dernières collines de la mort pour voir le monde des vivants. D’en haut. Le soleil sera toujours là. Et le bruit.  On aura oublié que tout est transparent, qu’il suffit de bien regarder, tout derrière, pour vraiment voir à travers.

Je rentrerai.

Oskar Cyrus s’éveille. Bonjour.

Aujourd’hui, je vous réveille avec la nouvelle vidéo de Marilyn Manson. Running to the edge of the world. Et bien je trouve que ce film exerce une force extraordinaire sur le mental. Ce visage si proche tout en tension, ces lumières derrière, dont on ne sait pas trop si elles sont celles d’une ville ou celles d’un tableau de mixage, mais qui semblent si lointaines. Ces couleurs à la fois vives et tamisées. Et cette fille que l’on bat dans une salle de bain trop petite, et que l’on jette dans une baignoire. Il y a de la violence et une grande tendresse, de la cruauté et de la peur, des deux côtés. De la peur. La musique elle-même, jusqu’aux paroles sombres relèvent du génie. Faire quelque chose de nouveau en musique est tout de même assez rare.

Bonjour. Oh mon Dieu le soleil se lève.

Bonjour.

Manson, c’est en peu de mots un des plus grands artistes de ce siècle, aux côtés de Dali et de Warhol, un de ceux qui savent transformer leur propre vie en œuvre d’art. Marilyn Manson est à la fois l’artiste et son oeuvre la plus perturbante, la plus fascinante, mais la plus incomplète. Cette œuvre-là ne sera achevée que par sa mort. C’est certain.

Marilyn Manson, c’est l’histoire d’un garçon timide et mal dans sa peau, terrifié par tout ce qu’on lui racontait, mais qui est devenu en quelques années la personnification de ses propres peurs, et des nôtres. Manson, c’est la société américaine, c’est le monde, même. Il est au monde ce que la conscience est à l’Homme : le témoin que nous ne pouvons fuir. Il est dans la bouche de beaucoup de gens une crainte mêlée de dégout, une angoisse, une sorte d’admiration terrifiée, de fascination pour quelqu’un dont on ne sait finalement pas grand chose. Manson s’est appliquée en plus de quinze ans de méfaits, à nous jeter nos vices au visage, à nous mettre en garde contre le fascisme, contre l’extrémisme religieux, contre la perte de nos personnalités. Il s’est appliqué à nous répéter sans cesse: "Faites de votre vie une œuvre d’art!"

Chiche!

Mais le fascisme est là. Malgré Obama, malgré les signes d’encouragement, le fascisme grimpe en flèche sur l’échelle de popularité. Le fascisme a plusieurs noms. Berlusconi en Italie, où les medias sont devenus medias d’Etat, Nicolas Sarkozy en France et ses attaques contre la presse libre et engagée, et enfin dans toute l’europe, une montée grandissante de l’extrême-droite europhobe, xénophobe (et j’en passe des meilleurs), nostalgique du bon vieux temps où l’on pouvait sans crainte faire croire à un peuple tout entier que le problème, et bien c’est la liberté. Et les juifs. Mais ça, parait-il, c’est dépassé.

Dépassé? Pas si sûr. Situation de crise économique, taux de chômage qui explose, crise écologique, sur fond de pandémie grippale: le terreau de tout totalitarisme. Les graines, elles sont déjà au pouvoir. Le populisme c’est l’art de bien parler aux gens, ou de flatter leur cupidité, leur individualisme avec des slogan. Le populisme, c’est Sarkozy, Berlusconi, Poutine, et le reste. Et sur tout ça, planter la peur, l’angoisse, la haine, la discorde ; Puis instrumentaliser l’histoire, inventer une identité commune (tiens tiens), renforcer le peuple sous la bannière du nationalisme, et combattre. Vous obtenez un régime autoritaire. La sécurité est prétexte au retrait progressif des libertés, même si on garde le nécessaire pour dire au bon peuple: "regardez, vous êtes libres!". Parole de fantôme, vous êtes foutus.

Après, on jure sur des symboles déterrés à la hâte. Un drapeau, un hymne violent et fort, une devise irréprochable, et un homme. Un homme. Autocratie.

A ce sujet, je vous conseille l’excellent film allemand "La Vague", tiré d’une histoire vraie, et qui est tout simplement le film le plus effrayant que j’ai jamais vu. L’émergence d’un totalitarisme à l’échelle d’un lycée. Terrifiant et instructif.

Le débat? Miné, vérolé par la haine des uns, l’inexistence des autres, et le désarroi du peuple. Personne n’est capable de le mener.

Le fascisme est déjà là. Laissons-le faire, on verra.

On verra.

Amitiés,

Oskar Cyrus

L’Identité Nationale dans le charter de la censure

Cette semaine s’est ouvert sur internet le GDIN (Grand Débat sur l’Identité Nationale), lancé par Eric Besson, votre actuel nouveau ministre de l’immigration et de l’identité nationale, tout fraichement sorti du Parti Socialiste (un débauché de l’entre-deux tours), et très heureux de mener cette fonction sous son étiquette "ministre d’ouverture", même si le monsieur s’est depuis intégré pleinement à l’UMP.

Je vous rappelle tout d’abord ce qu’est le ministère de l’immigration. Son nom est très long, et il est normalement "ministère de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale". Notez la présence subtile et discrète du mot "intégration", qui rempli avec grâce le rôle de cachalot échoué au milieu de deux concepts importés directement d’extrême-droite. Si bien que tout le monde semble avoir oublié qu’il est pourtant bien là. Le but de ce ministère : renvoyer par charter le plus possible de sans papiers pour faire du chiffre. C’est un concept assez ridicule et que je ne comprend toujours pas mais bon, vous m’étonnerez toujours. Le chiffre approximatif de la commande est de 25000 environ, le but pour le ministre étant de l’exploser pour garder son capital sympathie auprès du Président. A noter que les agents qui accompagnent aimablement le sans papier sur le paillasson de l’entrée gagnent des points (s)miles si il voyage par air france, ce qui n’est pas négligeable pour voyager avec mémère aux vacances de noël. La république n’est pas ingrate, voyez.

Le concept de "reconduite à la frontière" se doit aussi d’être expliqué. Il n’est pas bien de dire "expulsion". Ce n’est pas exact. Il y a, comme dans toute entreprise, des départs volontaires (si, si), et même si le voyage se fait avec de (très) légères réticences, jamais il ne se fait avec violence. Non. Il peut même arriver que des sans papiers sympathisent avec leur accompagnateur, voyez, c’est extrêmement bon enfant, l’ambiance est très bonne! C’est donc une "reconduite à la frontière", précédé par un séjour en hôtel pour attendre l’avion. Le vocabulaire est précis. Ne le déformez pas.

Après le renvoie de sans papiers Afghans dans leur pays d’origine, le ministre a décidé de faire ce grand débat: "Qu’est-ce qu’être Français?" Débat intéressante s’il en est, mais surtout très instructif. Tous les internautes (ou presque), ont le droit de poster leur contribution sur le site http://www.debatidentitenationale.fr, et de dire leur avis sur cette question, vous en jugerez vous-mêmes, cruciale. Sur ce site, une rubrique fait déjà polémique: "Ils s’expriment", avec des contributions de – stupeur! – Jean-Luc Mélenchon, Olivier Besancenot, François Bayrou… Qui n’ont évidemment jamais donné leur accord pour figurer sur ce site, et qui ont même demandé le retrait de leurs propos.

Autre rubrique sujette à discussion, celle qui vous intéresse tous (si, si), l’endroit où vous pouvez poster vos contributions. Ne cherchez pas le mienne, je suis mort. Et bien si vous lisez bien, il n’y a que bien peu de propos hostile au pouvoir, et pour cause: il y a eu censure! Tous les messages un peu virulents envers notre présidence ne sont pas "passés" au filtrage, seuls ceux qui proposent une définition plus ou moins complaisante de la condition d’être Français ont le droit de participer au débat.

Cordialement,

Oskar Cyrus

Que n’avais-je pas trouvé pour faire parler de moi!

Il est vrai qu’un mort est souvent très inconsistant, voire quasi vide par son inexistence. J’ai choisi de rester, voyez-vous, parce que ce siècle, et le précédent, ne me déplaisent pas tant que je l’avais imaginé. Tout d’abord j’ai enfin une bonne raison pour exercer mon exécrable misanthropie, puisque le détestable dans ce monde est devenu une industrie. Ensuite, en tant que fantôme je jouis une liberté qui n’a pas de pareil. J’échapperai à toute censure puisque personne ne peut empêcher un mort d’écrire. Enfin, cela brisera la routine ennuyeuse de l’immortalité.

Mais je me présente: Oskar Cyrus, journaliste paranormal de mon vivant, chroniqueur du banal pour le restant de mon interminable post-existence, je suis né en 1857, mort en 1900 pour n’avoir pas supporté le changement de siècle. Pour le détail, la pendaison était un moyen de se donner la mort très en vogue à l’époque, sans oublier le poison pour les dames. Avec le temps et la technologie, il est vrai que l’on peut faire beaucoup mieux maintenant, et avec peu d’imagination. Merveilleuse technologie, la science du suicide ne s’arrêtera pas là, je vous le garantis!

Depuis, je hante une assez grande demeure en Écosse, chez un vieil oncle excentrique dont je ne comprends pas la langue. Il y fait assez frais, le paysage est beau, les riverains sympathiques, ma foi, si c’est là le paradis! Mais Paris me manque, mes amis (voilà déjà tant de familiarité entre nous, mais que voulez-vous, je me sens bien ici!), et il me semble que je devrai redescendre de temps en temps. Mais un fantôme aussi doit prendre le bateau, et j’ai le mal de mer. Quant au tunnel sous la manche, je suis claustrophobe, et le train me fait peur. Sans oublier que je fais sonner le portique aux aéroports et que je dérègle tous les appareils en vol. C’est assez fâcheux comme situation, vous en conviendrez, j’en suis certain.

De mon vivant, on s’est assez méchamment moqué de moi, pour la simple raison que j’étudiais le paranormal, et les traces laissés par les défunts. Maintenant, si je puis dire, ils font un peu la gueule parce que j’avais raison. Mais le fantôme ne leur va pas très bien, ils s’ennuient. Ils devraient écrire, enfin, on les obligera pas.

Voilà. Je termine ma première chronique pour le monde des vivants. Amitiés

Oskar Cyrus