Toute ma vie, reprit-il, j’ai dû entendre les pleurs de mon frère, à chaque fois que quelqu’un s’en prenait à lui. Je pouvais l’entendre même si je me trouvais à des milliers de kilomètres: le lien qui nous unissait était à ce point puissant. Mais ce que tu lui as fait subir, toi, espèce de putain de dégénéré, je l’ai entendu du début jusqu’à la fin, en direct. Je l’ai entendu implorer votre pitié, je l’ai entendu crier pour que je vienne le sauver. Je l’ai entendu hurler de douleur et vous supplier, toi et tes putains de potes morts de rire, de l’épargner. Et je continuerai à entendre ces cris jusqu’à mon dernier souffle.
L’Oeil de la Lune, Anonyme