Louise Erdrich – Le jeu des ombres

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Mes chers amis. J’ai pensé que ça manquait vraiment de livres, par ici. Je veux dire: il est bien clair que c’est un blog littéraire, dans le sens où j’y consigne les pires de mes déviances dans des textes que personne ne lit, ou presque. Mais paradoxalement, j’écris assez rarement sur les déviances des autres. Et, bon, je parle de déviance parce que pour moi la littérature est par essence une déviance. Elle n’existe que pour empêcher le monde de tourner correctement, dans une trajectoire trop lisse, trop droite, trop parfaite. La littérature existe pour frapper. Et c’est donc pourquoi j’ai pris la résolution de faire part des mes lectures un peu plus souvent. Lire la suite 

Déjà-vu fumait une ciga…

Déjà-vu fumait une cigarette. Il tira une ample taffe pour recracher un sorte de rond de fumée, ou plutôt, pour être tout à fait exact, un serpent qui s’étirait de tout son long. [...]

Il adressa un mouvement de la tête à Dante: "On se connaît?

- Je ne crois pas, non, répondit Dante, sans trop savoir si c’était une blague ou pas.

- Ne t’inquiète pas, dit Obéissance à Dante. Déjà-Vu a souvent ce genre d’impression.

- Tu répètes ça à longueur de soirée", répliqua Déjà-Vu d’un ton dénué de toute ironie.

L’Oeil de la Lune, Anonyme

Quel dommage que Catherin…

Quel dommage que Catherine Martin ne revoie jamais le soleil. Le soleil est un feu de matelas dans lequel son Dieu est mort, Clarisse.

Thomas Harris, Le Silence des Agneaux

"La maléfique créature sentit la flèche se frayer un chemin dans sa poitrine, et s’immobilisa dans les airs, les yeux écarquillés de douleur et d’incrédulité. Il eut tout juste le temps de se dire: "Putain, je vais quand même pas crever sur un morceau de James Taylor…""

Anonyme, L’oeil de la lune

"Haïr les Hommes? Cela n’avait pas de sens. L’humanité était ce grouillement disparate, cet absurde supermarché qui vendait n’importe quoi et son contraire. Haïr l’humanité revenait à haïr une encyclopédie universelle: il n’y avait pas de remède à cette exécration-là."

Amélie Nothomb, Acide Sulfurique