Si vous avez suivis mon conseil, il y a cinq minutes, vous savez alors pourquoi Charlotte Gainsbourg mérite ce prix, pour son rôle dans "Melancholia" de Lars Von Trier. D’abord parce qu’on l’a un peu oubliée au profit de la néanmoins talentueuse Kirsten Dunst, et puis parce que, tout simplement, elle crève l’écran.
Je n’évoquerai que le dernier plan du film, déchirant, où Charlotte Gainsbourg se tord littéralement de peur, en totale panique. Elle arrive à nous faire ressentir la peur de la fin du monde, la terreur pure que tout cela s’arrête. Peut-être tout simplement la peur de mourir, peur de cette mort qui s’approche dangereusement.
On croyait l’apocalypse relégué aux films catastrophes hollywoodiens, le genre de films où un héros super-patriote sauve le monde-USA de la catastrophe planétaire qui s’annonce, mais non. Pas de cela chez Lars Von Trier, et après tout, personne n’en doutait. Dès le (magnifique) prologue on sait que ça finira mal, la planète Melancholia s’écrasera sur la Terre (ou plutôt: écrasera la Terre). Sur la musique de Tristan et Iseult de Wagner, LE cinéaste nous montre qu’il n’y a point besoin de lunettes 3D pour voir une profondeur d’image assez grandiose. Soigné, lent, beau, ce prologue est encore une fois d’une surprenante magie.
Certains critiques (notamment Pierre Murat le "pape" de la critique cinéma chez Télérama) ont trouvé le thème de l’apocalypse "bêtasson" (je vous laisse juger de la pertinence du propos). Les bras m’en sont tombés. Moi qui croyait naïvement que dans une oeuvre le thème importait peu, et que seule la manière de l’aborder était importante, je vous assure que de lire ça de la plume de quelqu’un autoproclamé "critique", ça me dépasse.
De toute manière il ne sert à rien que j’essaie de vous résumer le propos, c’est irrésumable. Alors courrez le voir ou attendez le DVD (oui, parce que le fait que ce film soit Oskar du meilleur film ne le fera pas ressortir dans les salle. Je précise, hein…).