Pour mourir, vous aurez des somnifères

On a pu constater l’air bétonné de la tension grippale. Un malheureux toussotement dans une rame de métro, dans un bus ou dans la rue, et vous vous retrouvez seul. Les rues sont vides, on croise des gens avec des masques, les femmes enceintes de sortent même plus, et les malades sont soigneusement mis au banc de notre société. H1N1, c’est la terreur du moment, A, porcine, ou ce que vous voudrez d’autre. C’est LE truc à la mode, la maladie hypra chic qu’il faut contracter pour être dans le vent. Ouais. La grippe A, c’est sympa.

En théorie. Parce qu’en pratique, tout le monde en a peur. Même si c’est une grippe plutôt légère, tout au plus gênante, rien de bien méchant. Sauf qu’elle touche les bébés, les grabataires et les femmes enceintes qui, faute de bonne canicule cet été, s’en sont sortis. La nature est bien faite. Avouez-le. Avez-vous essayé le masque? Pas très socialisant, les gens vous désertent. Un conseil: Préférer largement faire semblant de ne pas être malade, c’est beaucoup plus socialisant. Les femmes enceintes, on s’en fiche un peu, il faudra bien qu’un virus arrête un jour ou l’autre le surpeuplement planétaire.

Alors y a pas à dire: La grippe A, c’est sympa.

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La ville à quelque chose de dévorant, quand on y pense. N’importe quelle ville. N’importe quel tas de béton ou de brique, où les fourmis grouillent, où le bétail se presse, où les moutons courent d’un point à un autre sans vraiment savoir pourquoi. La ville est dévorante parce qu’elle est le mouvement. Elle est constamment un même mouvement, désordonné, informe, un mouvement irréfléchi et frénétique, incessant. Si l’on reste immobile au milieu de la foule, une étrange impression d’apnée nous prend. La ville est aussi ça. Si vous vous arrêtez, vous n’entendez plus rien, vous ne voyez plus rien d’autre que le flou du mouvement. Le pire, peut-être, c’est que personne ne vous verra.

Essayez l’apnée en ville. Respirez, bloquez, fermez les yeux. Écoutez. Il n’y aura rien pour frapper sur votre tympan. Rien de concret. Oh, si, bien sûr, le bourdonnement de la circulation, qui comme un autre silence tapisse le fond sonore, mais il n’y aura plus de voix, pas un mot ne s’arrêtera. Pas un.

La nuit, à travers vos paupières mi-closes il y aura la lumière des lampadaire. Comme l’a écrit Bohringer, C’est beau une ville, la nuit. Il y aura les phares des voitures. Et à vos oreilles parviendra peut-être la musique du café d’en face, ou les rires des noctambules, le râle indiscret de ceux qui ont trop bus, et le silence des absent. C’est beau une ville, la nuit. La nuit. Moins dévorant, pas moins mouvementée, non, moins frénétique, sûrement. Et vers la fin, quand le monde est couché et qu’il ne reste que vous à attendre le jour sous la lumière tremblante des lampadaires, les chaussures dans les flaques de crasse, la main sur la pierre d’un immeuble, l’esprit dans les étoiles invisibles, et le silence ; vers la fin, c’est magnifique. On entend un bruit de pas solitaire, on s’éclipse pour éviter l’importun, on reste, on part. La liberté.

La nuit seul chez soi, c’est angoissant. La nuit chez soi, même entre amis, c’est angoissant. La nuit dans la ville, c’est distrayant. La nuit seul dans la ville, c’est magnifique.

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Pour mourir, vous aurez des somnifères. C’est cette société qui vous les donnera. Celle de la prohibition et du vide de l’envie. C’est elle qui vous donnera la corde pour vous pendre. C’est elle qui vous tuera. Quand il n’y a pas d’avenir, il n’y a pas d’espoir. Le monde est foutu. Je le sais. Le monde est foutu. Il n’y a qu’à regarder de tous côtés, la Terre qui s’écroule à chacun de nos faux pas, et l’intérieur des Hommes. Nous sommes tous foutus. Vous en premier.

Pour mourir, avalez tout. Avalez tous les somnifères. Avalez-les tous. Tous. Pilules blanches et rouges, roses, jaunes. Avalez tout ça. On se reverra.

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Une belle leçon de vie. Regardez bien les images.

(srce: http://www.amandapalmer.net)

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Un dernier mot sur le débat qui vous passionne tous (si, si). Regardez donc les paroles que vous allez êtres obligés de chanter d’ici quelques mois, au moins une fois par an (si, si).

1er couplet

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L’étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Egorger vos fils, vos compagnes !

Refrain :

Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu’un sang impur
Abreuve nos sillons !

2

Que veut cette horde d’esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter !
C’est nous qu’on ose méditer
De rendre à l’antique esclavage !

3

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

4

Tremblez, tyrans et vous perfides
L’opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S’ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prets à se battre !

5

Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Epargnez ces tristes victimes,
A regret s’armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !

6

Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

7

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n’y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre

Quelles belles paroles de paix! D’amour! Quel exemple!

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Voilà. Nous terminons ce jour.

Amitiés,

Oskar Cyrus

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