« Le Monde », journal des néo-cons

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(Article écrit le 19 Juillet) Le journal de révérence, qui informe désormais encore moins que le blog people-trash-secret-story de Morandini (mais si, vous savez, ce présentateur joufflu aux dents bizarres, bouffi d’autosuffisance au point d’avoir un programme à son nom), Le Monde, donc, ce nid à rumeurs, mensonges et approximations de mammouths vient de prouver encore une fois qu’il leur faudrait changer de DRH. Ou de direction. Voire de tout changer.

Il faut savoir que Le Monde ne parle jamais de musique Metal, à part peut-être succinctement dans un article annuellement moyen consacré au Hellfest – peut-être. Le Monde, comme tous les autres journaux à grand tirage, considère le Metal et ses dérivés comme une horde mal rasée peuplée d’ostrogoths énervés dont la musique bruyante est ostensiblement inaudible pour les bonnes oreilles bourgeoises, les Marie-Chantal en ballerines et serre-tête, pour les peuplades bien élevées de la Frigide Boutin et les adorateurs béats de Jésus-Christ-Notre-Seigneur, en bref, pour une caste culturellement élevée imperméable à la barbarie, of course. Pour ces gens-là, le Metal est indigne d’intérêt, et d’ailleurs, à quoi ça sert qu’on en parle. Seul Patrick Roy (paix à tes cendres), député socialiste du Nord de son vivant, célèbre pour ses costumes rouges et sa grande gueule (salvatrice), a eu le courage de défendre, jusqu’à son dernier souffle, la diversité culturelle et la musique Metal, cette horde mal rasée d’ostrogoths énervés dont il faisait partie (il a même eu droit à un feu d’artifice hommage au Hellfest).

Cette semaine, comme tous les journaux à grand tirage, Le Monde a parlé du Metal. Ben oui, on peut cette fois, puisqu’il s’agit de l’arrestation d’un néo-naze Norvégien. Vous commencez à voir le problème ?

Dans l’édition datée du jeudi 18 juillet, le torchon de référence dresse sur une page un portrait superficiel et assez mal documenté de Varg Vikernes, néo-nazi Norvégien, musicien, réfugié en France par amour de la collaboration (et de Marine Le Pen).

Le responsable de cet attentat à l’intelligence se nomme Michaël Szadkowski, vaguement aidé par un « expert » (encore un) en, ça ne s’invente pas, « contre-cultures d’extrême-droite » (si) du nom de Stéphane François, mais sur lequel nous n’allons pas nous arrêter, parce qu’évidemment, comme tous les experts qui parlent de Metal, il n’en a probablement jamais écouté, ou alors vraiment très mal, s’il ne cultive pas secrètement une haine profonde du genre et a décidé, un jour, après s’être fait plaquer par sa copine fan de Gorgoroth, qu’il anéantirait le Metal comme cette garce (joke) lui a anéanti le cœur.

Nous allons rester sur Michaël, qui mériterait qu’on lui interdise tout métier où il peut librement et sans contrôle mettre en danger la diversité musicale et l’intelligence. Michaël, qui a pour son article certainement lu une ligne sur deux de la bio de Vikernes sur Wikipédia et également une ligne sur deux (voire sur trois ou quatre) de la page Wikipédia sur le Black Metal. On vous dit, Le Monde c’est du sérieux, ouais.

Soyons honnêtes : je ne suis pas un expert de cette musique que j’écoute peu (mais que j’écoute quand même, on est à Sodome et Gomorrhe). Mais si je veux parler de cette musique, je n’irai pas chercher mes infos dans les communiqués hallucinés de Christine Boutin pour l’interdiction du Hellfest (ou sa lettre désormais cultissime adressée au sponsor de l’évènement… Kronenbourg), ou dans ceux de Philippe de Villiers,  que j’emmerde tous les deux profondément (en passant).

Dans son article, Michaël fait très vite l’amalgame entre néonazisme et Black Metal, une phrase qui a le mérite évident de mettre en lumière à la fois la bêtise du bonhomme et la médiocrité du DRH qui l’a engagé :

« D’autres groupes formés à la même période en Norvège (Mayhem, Gorgoroth, Darkthrone, Immortal, Emperor…) propagent alors [sic], à coups d’albums criards [re-sic] et de mises en scène macabres [re-re-sic], les mêmes idéaux [se tape la tête contre la table] – nihilisme, haine du christianisme, goût prononcé pour la violence, mais aussi l’amour de la solitude dans les forêts Scandinaves. »

C’est beau comme du France Dimanche. N’est-ce pas rafraîchissant, cette avalanche de clichés en si peu de mots, le tout au service d’un amalgame insultant et dangereux entre néo-nazes et metalleux ? Ben si, hein, rafraîchissant comme une douche froide.

L’animal, qui n’est plus à une bêtise près, récidive un peu plus loin, en usant du mot qui commence par « s ». Mais si, vous savez, le mot qui est toujours prononcé quand un bon bourgeois parle de Metal. « Satanisme ». Mais comme ce Q.I d’endive cuite veut paraître intelligent, il le noie dans une phrase prétentieuse :

« (…) l’une des figures du Black Metal Inner Circle, une mouvance de jeunes « metalleux » norvégiens liés par leur approche essentiellement sataniste de l’art et de la vie en général. »

C’est beau comme du Benoît 16 (c’est marrant, écrit comme ça on dirait une marque de bière). J’aimerais que quelqu’un m’explique ce que cet âne entend par une « approche essentiellement sataniste de l’art et de la vie en général », formule qui gagne haut la main la palme Alain Soral de l’imposture intellectuelle. Je suis à peu près certain que Michaël en serait bien incapable. Parce que le but de cette phrase, comme celle de tout l’article, n’est pas d’informer. Mais de faire peur.

Parce que le journalisme, le vrai, n’existe plus que dans des publications confidentielles à petit ou moyen tirage. Parce que l’information a été tuée au profit d’un divertissement voyeuriste et dégueulant. Alors, quand l’information fait appel à l’intelligence et la raison, le spectacle fait appel aux émotions. A l’angoisse, à la peur, au dégoût. Michaël Szadkowski utilise des mots et des concepts qui font peur sans même prendre le temps de les expliquer (parce qu’il ne sait pas, voilà tout, et qu’il trouve certainement que faire des recherches, c’est pour les cons).

Ainsi, le Black Metal est « macabre », mais on n’explique pas. Ce genre cultive « un goût prononcé pour la violence » mais on ne détaille pas. Ces musiciens « metalleux » ont une « approche sataniste de l’art et de la vie » mais on ne va pas plus loin. Qu’est-ce que le macabre ? La fonction de l’art, de la musique ? La place de la violence dans l’art ? Qu’est-ce que le satanisme ? Rien n’est expliqué, tout est survolé. C’est un langage de mépris, destiné à rabaisser et disqualifier cette musique, ce genre, et tous les gens qui font partie, en tant qu’acteurs ou spectateurs, de cette mouvance. C’est, tout bêtement, un langage de haine, destiné à effrayer le bon bourgeois, les parents des enfants qui écoutent cette musique et qui n’approuvent ni les cheveux longs, ni les New Rock, ni les bijoux ou le maquillage, et qui verront dans cet article une excellente raison de transformer leurs enfants en bons moutons qui broutent la bonne herbe qu’on leur donne. Sans oublier le paroissien, qui sera terrifié par la « haine du christianisme » cultivée par ces groupes.

Alors, si c’est pour asséner autant de conneries en si peu lignes, Le Monde devrait se contenter de l’article annuel sur le Hellfest (s’il existe). Le Metal peut se passer de ce genre de médiatisation. Ce journal, qui a déjà prouvé qu’il était un danger pour la démocratie et la diversité d’opinions, attise la haine et les préjugés à l’égard d’un genre musical incompris car sous médiatisé, méprisé par les gens qui comptent et qui nous dictent tous les jours ce qu’il faut aimer, ce qu’il faut détester, qui il faut baiser, qui il faut anéantir.

Je ne vois décidément pas de journalisme dans l’amalgame entre un genre de musique prétendument « nihiliste » et néonazisme (amalgame d’autant plus stupide qu’on ne peut être nihiliste et croire en une idéologie). Je ne vois qu’un journaleux incompétent, paresseux et nécessairement surpayé, qui se contente d’asséner clichés et fausses évidences dans l’espoir illusoire que cela passe pour de l’information, voire même pour une réflexion intelligente. En vain.

Sincères Condoléances,

Oskar Kermann Cyrus

Une réflexion sur “« Le Monde », journal des néo-cons

  1. Faut pas lire Le Monde. Ça attaque les neurones pire que de la coke mal coupée. Y’a même un lecteur athée du Monde qui s’est tiré une balle dans la tête à Notre Dame pendant l’office. C’est dire si c’est de l’extra-strong qui ravage grave les synapses. Après Le Monde il n’y a plus rien qu’un peu d’humus à vers de terre.

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