Marilyn Manson Minotaure: Life is a cabaret !

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« Je me sens comme une idée abstraite, toujours en mouvement, prête à se transformer. C’est ce qui me donne le désir de vivre et de créer. Sinon, je suis désespéré. »

(Elle, 12 Mai 2003)

Le Guns God and Government Tour s’achève triomphalement en 2001 après avoir fait le tour du monde, ponctué ci et là de menaces, de coups de feu, de manifestations, surtout aux Etats-Unis où Manson, désigné ennemi public numéro un par l’administration Clinton, subit encore les séquelles de Columbine. C’est pendant cette tournée qu’il rencontre l’icône burlesque et strip-teaseuse Dita Von Teese, sa compagne jusqu’en 2006, partageant avec elle le goût du burlesque, du cabaret et des années 30 berlinoises. En 2003 sort The Golden Age Of Grotesque, un disque où se mêle Dadaïsme, expressionisme, cabaret, swing, jazz, ainsi que IIIe Reich, république de Weimar et Entartete Kunst (Art dégénéré).

Bowling for Columbine, Bush & Gore

L’affaire Columbine suivra Manson pendant près de trois ans. Accusé par toute la classe politique, en cruel déficit de crédibilité, de promouvoir violence et haine, Manson est désigné par le gouvernement et les prédicateurs télévisés comme ennemi public numéro un de l’Amérique. L’album Holy Wood sera un échec commercial aux Etats-Unis où il est boycotté par une grande partie de la population et des distributeurs. C’est pourtant une réponse cinglante à la polémique, interrogeant l’origine de la violence aux Etats-Unis, le rôle des médias qui propagent la peur, l’éducation et le port d’armes. En 2002, le documentariste Michael Moore s’intéresse au cas Columbine, et réalise Bowling For Columbine, plaidoyer incisif anti armes à feu où il désigne les véritables responsables du drame : la très puissante National Rifle Association, lobby pro arme jadis dirigée par l’acteur Charlton Heston. Il rencontre alors Manson et lui demande, à la fin de l’entretien, ce qu’il aurait dit aux deux tueurs s’il avait pu les rencontrer. La réponse de Manson fait le tour du monde : « Je ne leur dirais rien. Je les écouterais, ce que personne n’a fait. » Le film oscarisé est un succès mondial, Manson est réhabilité, même si aujourd’hui encore il est désigné responsable de tous les maux de la jeunesse américaine.

En 2000, la présidentielle américaine oppose Al Gore, démocrate, à George « Deubeuliou » Bush. Autant le dire tout de suite, le choix est cornélien : la peste ou le choléra ? Manson créé alors la polémique, à une époque où il n’en a pas vraiment besoin, en déclarant publiquement préférer Bush à Gore, parce que « Bush, au moins, on peut le détester totalement. » La vérité c’est qu’il ne vote pas, mais qu’il est régulièrement la cible du clan Gore dans les médias. Sa femme, Tipper Gore, créé en 1985, avec d’autres femmes de sénateurs voulant rompre l’ennui, le PMRC (Parents Music Resource Center), organisme de censure ayant réussi à imposer le désormais culte « Tipper Sticker », mais si, vous savez, ce logo en noir et blanc qui indique sur tous les disques contenants des écarts de langage et de comportement « Parental Advisory / Explicit Content ». Autant vous dire qu’il est collé comme une verrue sur tous les disques de Manson. L’autre ennemi de Manson dans le clan Gore n’est autre que le sénateur Joe Libermann, censé être vice premier ministre en cas de victoire d’Al Gore. Lors d’une conférence de presse, brandissant Antichrist Superstar, il qualifie Marilyn Manson de « groupe le plus malsain jamais promu par une major ».

Il n’est donc pas tellement étonnant que Manson déclare préférer Bush, même si il ne vote pas et considère que les deux partis, Républicains comme Démocrates, représentent un véritable danger pour la liberté d’expression et de création. Il se battra d’ailleurs contre l’administration Bush, et sera même un des symboles de la contestation anti-deubeuliou avec Eminem, autre sale gosse de la musique, avec qui il collaborera sur « The Way I Am ». La liberté d’expression et de création sera l’un des thèmes forts de son album The Golden Age Of Grotesque.

Destruction Dadaïste

The Golden Age of GrotesqueCet album se démarque essentiellement dans la forme. Le texte, la musique, l’univers visuel sont directement inspirés du début du 20e siècle et des courants artistiques qui ont traversé l’Europe, faisant de cette période un véritable foisonnement de création et d’urgence artistique. Manson décrit cet album comme le plus Dadaïste et le plus expressionniste de sa carrière, deux mouvements qui influencent continuellement son œuvre, qu’elle soit musicale, cinématographique ou picturale. Ainsi, sur l’album, Manson opère à une destruction dadaïste des codes artistiques existants, que ce soit au niveau textuel, musical ou visuel.

Destruction du langage

Marilyn Manson va sur cet album développer son premier amour : le langage, le texte. L’écrivain frustré va s’amuser sur un disque aux textes intraduisibles tant il y a de jeux de mots et de langue, passant du latin au français à l’allemand, mélangeant les langues et les mots. Mais cette destruction du langage ne sort pas de nulle part. Elle est directement inspirée de la poésie Dadaïste de Tristan Tzara, fondateur du mouvement, qui expérimentait écriture automatique et cadavres exquis comme forme d’écriture la plus sincère possible puisque directement dictée par le subconscient.

« Ce disque est le plus complexe et le plus Dadaïste de ma carrière. Je joue sur le subconscient, la destruction du langage, les rythmes différents… Je m’y dévoile complètement. »

(L’Express, 8 Mai 2003)

Ainsi, on peut remarquer dans les textes de l’album des répétitions de vocables et d’onomatopées ainsi que Tristan Tzara le faisait (« Idéal, idéal, idéal / Connaissance, connaissance, connaissance / Boumboum, boumboum, boumboum »). Dans This Is The New Shit, par exemple : « Babble babble bitch bitch / Rebel rebel party party / Sex sex sex and don’t forget the violence / Blah blah blah got your lovey-dovey sad-and-lonely » ou dans Doll-Dagga Buzz-Buzz Ziggety-Zag : « Doll-dagga buzz-buzz ziggety-zag / Godmod Gortesk Burlesk Drag ». Ou encore dans Ka-Boom Ka-Boom: « I am, I am, I am so yours / Ka-boom Ka-boom / Ka-boom Ka-bomm / Ka-boom Ka-boom / I’d like to la la la la love you ». Il expérimente également cadavre exquis et écriture automatique. Dans Slutgarden, par exemple (traductions Béatrice Nouveau) : « Je suis un magnétoscope funéraire de /  Mémoire morte perdue et / Mon sourire est une barrière de chaîne / Que j’ai accroché / Aime l’ennemi, mon amour est trois ennemis… » Ou dans Spade (le titre est représenté par le symbole du Pique dans tout l’album) « Le grain de beauté a été emprunté et / Maintenant mon doux couteau rouille demain / Je suis une confession qui attend d’être entendue / Brûle ta pluie vide sur moi / soupire ton rythme mortel si doucement / Nous plions nos genoux / Sur l’autel de mon égo… ». Dans Para-Noir, Manson demande aux femmes de « Lister leur raisons de me baiser ». Leurs réponses sont dites par Dita Von Teese.

Il détruit ensuite l’orthographe des mots, créé des néologismes et jeux de mot qui sont pour la plupart complètement intraduisibles. Dans les titres, tout d’abord : Ka-boom Ka-boom, Doll-Dagga Buzz-Buzz Ziggety-Zag, mOBSCENE (contraction de « foule » et de « obscène »), (s)AINT (contraction de « saint » et d’une forme inusité du verbe être qui signifie « rien »), Thaeter (inversion du a et du e). Le nom de la tournée Grotesk Burlesk, également. Dans la chanson The Golden Age Of Grotesque, le texte regorge de jeux de mots de cette sorte : Gloominati (contraction de gloom, obscur, sombre et du latin Illuminati, illuminé), Scabaret (contraction de scabreux, cabaret et de scarabée), sacrilegends (sacré, sacrilège, légende).

Destructuration du rythme et jeux sonores

Au niveau musical, Manson opère à la même destruction au niveau de la musique, s’inspirant pour cela largement du Jazz et du jeu temps / contre temps. Au niveau musical, tout d’abord, il expérimente de nouvelles sonorités : son d’un piano en feu, d’un éléphant qui marche, d’un saxophone dissonant, tambours militaires, extraits radiophoniques… L’introduction Thaeter en est l’exemple parfait, tout comme l’outro Obsequey (The Death of Art), ou la chanson titre The Golden Age of Grotesque.

Il procède également à des mélanges de genre à priori totalement opposés, combinant rythme de marche militaire et Swing, comme dans Doll-Dagga Buzz-buzz Ziggety-Zag. Il explique ce choix dans une interview pour MTV France : « J’aime prendre les symboles fascistes et les mélanger à l’art expressionniste. Le Swing, par exemple, était à l’opposé des mouvements militaires réglementés. L’association des deux peut créer une juxtaposition très forte. Ces mouvements isolés de m’intéressent pas, ce qui me plaît, c’est l’association des deux. » Ainsi, reprenant la thématique omniprésente de la combinaison des contraires, il en fait un concept dadaïste fort engendrant un résultat très fort tout le long de l’album.

Subversion visuelle

L’univers visuel de l’album est pour une grande part le fruit de la collaboration entre Manson et l’artiste allemand Gottfried Helnwein, qui a réalisé l’intégralité de l’artwork et la pochette de l’album. Il est également très présent sur le tournage du clip de mOBSCENE, inspiré des années vingt et trente, de l’expressionnisme, du surréalisme et du burlesque, clip dans lequel apparaît également Dita Von Teese :

Il s’inspire donc des mouvements artistiques considérés comme « décadents » et « dégénérés » par les Nazis. Il reprend aussi l’esthétique du film « Freaks » de Tod Browning (1932), que Manson vénère. On peut ainsi voir, sur la tournée Grotesk / Burlesk, le fantôme des sœurs siamoises Violet et Daisy Hilton, présentes dans le film, disant à la place de Dita les réponses des femmes à Manson sur Para-Noir. Sur la tournée, également, il invite les danseuses de mOBSCENE, des femmes nues jouant du piano sur The Golden Age Of Grotesque, porte des oreilles de Mickey sur The Fight Song, perché sur un pupitre asymétrique… Pour promouvoir l’album, Manson se produit dans un théâtre Berlinois accompagné de deux pianistes « habillées » et maquillées pour l’occasion par Helnwein.

Il réalise également un court métrage intitulé « Doppleherz », présent sur un DVD dans la version deluxe de l’album. Il s’inspire là de l’artiste allemand Hans Bellmer, qui explorait la déformation du corps et réalisait sculptures et photos de corps de femmes à quatre jambes, cintrées de fil de fer…

Mais le sommet de cette subversion visuelle est atteint avec le clip de (s)AINT, réalisé par Asia Argento (fille de Dario Argento), ou Manson, conforme au texte, se scarifie, se drogue, baise, et cela sans aucun effet spécial ou doublure. Le clip est interdit de diffusion, la maison de disque demande à Manson de payer de sa poche la facture. Jusqu’à l’année dernière, le clip était indisponible sur la chaîne VEVO de l’artiste sur youtube.

Nihilisme et DADA

« DADA n’était pas seulement l’absurde, pas seulement une blague, DADA était l’expression d’une très forte douleur des adolescents née pendant la guerre de 1914. Ce que nous voulions c’était faire table rase des valeurs en cours, mais au profit justement des valeurs humaines les plus hautes. » (Tristan Tzara)

Après Antichrist Superstar, The Golden Age Of Grotesque est le disque le plus nihiliste de la carrière de Manson. Mais il est nihiliste dans le sens Dadaïste du terme. On remet en cause par l’absurde, l’humour, tous les canons de beauté, les règles de l’Art, le sens de la vie. Tristan Tzara, dans son Manifeste de 1918 déclare : « DADA naît d’un besoin d’indépendance, de méfiance envers la communauté. Ceux qui appartiennent à nous gardent leur liberté. Nous ne reconnaissons aucune théorie. Nous avons assez des académies cubistes et futuristes : laboratoire d’idées formelles. Fait-on de l’art pour gagner de l’argent et caresser les gentils bourgeois ? » Manson lui répond quasiment quatre-vingt-dix ans plus tard : « L’âge d’or du grotesque, c’est une ère où il est question de réhabiliter la notion d’art dangereux, ou d’art dégénéré. » (Le JDD, 23 novembre 2003)

Cette notion d’Art dégénéré, ou d’Entartete Kunst en allemand, est une création de Goebbels. En 1937, il inaugure à Munich une exposition où tous les mouvements artistiques du début du siècle sont désignés comme de l’art dégénéré et dangereux : ils corrompent les masses. Le Dadaïsme, le surréalisme, l’expressionnisme, le cubisme… les œuvres des plus grands artistes de ces mouvements sont présentes dans exposition qui fut stoppée par Goebbels lui-même trois mois plus tard pour cause de trop grand succès.

République de Weimar, Nazisme et société de consommation

L’album est introduit par Thaeter, intro électronique obscure au rythme sourd et lent, où se mêle de lointains bruits de bottes, ambiance cabaret, cirque… et se ferme sur Obsequey (The Death of Art), où l’on entend la mélodie d’un piano en feu, extraits radiophoniques inaudibles… Il se trouve qu’Obsequey (The Death of Art) est également le nom d’une de ses peintures de l’époque représentant l’incendie du Reichstag, qui propulsa les Nazis au pouvoir. L’analogie avec la période de la République de Weimar est évidente. De 1919 à 1933, l’Allemagne vaincue tente de faire prospérer la paix et d’instaurer la démocratie, période de création artistique intense autant en Allemagne qu’en France. La crise économique, la dépression, plane toujours sur l’Europe, et gagne du terrain. Le chômage, la perte d’espoir, la misère sociale se ressent dans l’urgence de la création artistique de l’époque.

« Je me suis inspiré de Berlin où les gens créaient cet art subversif et dégénéré qui a donné naissance à des œuvres éminentes. La même chose se passait aussi en France. Cet art est né de la peur car il n’y avait pas de lendemain et les gens de cette époque le savaient bien. »

(Marilyn Manson, MTV)

En 1933, l’ascension d’Hitler au pouvoir met fin à tous les espoirs de lendemains qui chantent. La création artistique est brimée à travers la notion d’art dégénérée, et condamne les artistes au silence, à la mort ou à l’exil. Les Nazis instaurent un « art majeur » héroïque. Ce moment est représenté sur l’album par Obsequey (The Death of Art) où le piano enflammé remplace le Reichstag ravagé par les flammes.

Cette période est assez clairement exposée dans deux chansons en particulier : mOBSCENE et The Golden Age of Grotesque. Dans la première, on peut entendre : « The Depression is Great / The Deformation Age ». Allusion à la Dépression, période qui engendra une création artistique foisonnante (The Deformation Age). Dans la seconde « We’re the LOW ART GLOOMINATI / We aim to depress / The SCABARET SACRILEGENDS / This is the Golden Age of Grotesque / It’s A Dirty Word Reich » une forme de revendication, Manson clame haut et fort appartenir à l’Art mineur, en opposition, donc, à l’art majeur des Nazis. Mais il en profite pour faire l’analogie entre cette période et la période actuelle qu’il juge similaire en bien des points : « Grotesque est devenu un terme péjoratif dans la langue anglaise. On l’utilise pour définir ce qui est laid, interdit et dénué de beauté. J’ai toujours gravité autour du grotesque car pour moi, ce mot représente une partie de notre imagination que l’on occulte souvent. (…) L’art majeur est grotesque. Tout art accessible aux masses est facile à comprendre, ennuyeux et sans intérêt. (…) Il faut des œuvres qui fédèrent et d’autres qui sont là pour les défier. Mon travail est justement de défier la norme et le statu quo. » (MTV 2003) Le jeu de mot « Gloominati » n’est pas non plus dénué de sens, l’oxymore entre obscurité (gloom) et la lumière (illuminati, du nom de la légendaire société secrète qui dirigerait notre monde dans l’ombre) signifie que la beauté, l’art, le savoir, la lumière doit être cherchée dans l’ombre, qu’il faut se méfier des évidences, de la facilité, de ce qui est simple d’accès puisque les idées simplistes engendrent le fascisme.

Manson emprunte à l’art interdit, au Vaudeville, au cabaret, mais aussi au Jazz et à la culture noire américaine. Sur scène, il apparaît, à la fin de The Golden Age of Grotesque, qui fait office de manifeste, avec un saxophone, jouant des accords dissonants. Le Jazz était une « musique de nègre » bannie par le régime Nazi. Dans le livret, une photographie le montre se regardant dans une glace, maquillée en noir sauf le contour des yeux et de la bouche qui restent blancs. C’est une référence à l’époque Hollywoodienne ou les noirs étaient prohibés dans le cinéma, et où des acteurs blancs jouaient à leur place, grimés en noir, et jouaient sur des clichés racistes. Mais Manson combine ces codes à une imagerie Nazie très présente, pour en ridiculiser le message : ses musiciens sont teints en blonds, mais lui reste brun, comme Hitler était petit et brun mais aspirait à l’avènement d’une race de grands blonds. Sur scène, il utilise les tambours des jeunesses hitlériennes et se moque des mouvements militaires mécaniques, comme sur mOBSCENE où les danseuses bougent comme des machines.

La référence à la société de consommation est claire. Manson se veut à l’opposé d’un Art majeur imposé par les puissances de l’argent (les oreilles de Mickey sur les photographies d’Helnwein). Il refuse cette création au rabais, mécanique, automatique, ennuyeuse et prévisible car il trouve insultant « d’affirmer au public que l’on va tenter de se mettre à son niveau. » Il s’affirme comme dangereux et dégénéré, prenant la subversion comme étendard de la création afin d’interroger tous les codes à tous les niveaux de la société (Dadaïsme). Il va même plus loin, en affirmant que l’Art est un acte de résistance au fascisme et au capitalisme, et qu’il permet de mettre en avant, à l’instar du DADA de Tristan Tzara, « les valeurs humaines les plus hautes ».

Sincères Condoléances

Oskar Kermann Cyrus

Bonus : Marilyn Manson & Peaches : Rock’n’Roll Nigger live.

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