Lettre aux 343 phallocrates

343 salauds

Messieurs,

Je vois que votre bite vous travaille. Ça ne me dérange pas. Le sexe étant encore un des plus gros tabous de notre société occidentale, il aurait été étrange qu’à Sodome & Gomorrhe, on censure le cul. Il n’en est même pas question.

Vous avez décidé de publier une pétition d’une classe assez cosmique : « Manifeste des 343 salauds : Touche pas à ma pute ! ». Outre la référence mâle maîtrisée (oui, je ne suis pas un génie des jeux de mots, mais celui-là est plutôt bien placé) aux « 343 salopes », qui osaient à l’époque demander le droit de disposer de leur propre corps alors que vous, troupeau de machistes de base, demandez le droit de disposer de celui des autres, outre cette référence qui sent vraiment bon le PMU (au mieux) et les bonnes soirées du Carlton de Lille (au plus rigolo), la publier dans Causeur, comment dire… Finalement, pourquoi s’étonne-t-on ? Pourquoi s’étonner, en effet, que cette pétition soit publiée par l’inénarrable imposture du PAF, chroniqueuse sans talent, intellectuelle mes fesses, Elizabeth Lévy ?

Ce qui me chagrine n’est pas tellement la vulgarité crasse de votre démarche, elle contribuera plus tard à vous rendre votre véritable place, à savoir les poubelles de l’ancien régime, régime d’esclavage où certains privilégiés réclament comme un droit la mise à disposition du corps d’autrui, comme avant Lincoln les esclaves en Amérique ; Non, votre grossièreté ne m’accable pas de tristesse, ce qui me choque, c’est vous fassiez passer les hommes, tous les hommes, pour les quelques gros cons que vous êtes. Alors j’ai un scoop : tous les hommes, non, ne se sentent pas obligés d’aller « aux putes » pour passer une nuit avec quelqu’un,  tous les hommes ne se sentent obligé pas de payer « une pute » pour prouver leur virilité, tous les hommes ne sont pas de ce genre d’animal incapable de se retenir quand il veut tirer son coup.

Messieurs, je n’ai pas eu beaucoup de livres à brûler, je ne lisais de vous que la rubrique « clash » des magazines-poubelles que l’on ne peut vraiment lire que dans la salle d’attente du médecin. Seulement deux ou trois Beigbeder, ça m’a fait du chauffage pour la soirée, et de la place dans ma bibliothèque (merci, Frédéric). Moi aussi j’aime la littérature, Fred, et je ne suis jamais allé aux putes. J’ai le droit? Vous, par contre, n’avez pas le droit de prendre la littérature en otage, et la mettre au service de vos couilles.

Alors, messieurs, pardonnez si cette missive manque de « classe » et de « retenue ». Pardonnez même qu’elle soit trop courte, faire plus long aurait été inutile – je n’ai aucunement envie d’argumenter face à ce tas de merde.

Je ne vous salue pas,

Oskar Kermann Cyrus

Sodome et Gomorrhe.

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Une réflexion sur “Lettre aux 343 phallocrates

  1. La semaine dernière, j’ai lu « 23 Prostituées » de Chester Brown. Un plaidoyer pour la légalisation de la prostitution derrière un récit autobiographique. Il ne m’a pas convaincue.

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