Dirty PÖP / Salement PÖP – QUEER !

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Queer. Mot anglais dont la traduction oscille entre « étrange », « bizarre » ou « peu commun », utilisé comme une insulte envers les LGBT avant que ceux-ci s’en empare ironiquement pour qualifier tout ceux qui refusent l’hétérocentrisme. Le mouvement Queer, c’est la version LGBT de la négritude: on s’approprie le stigmate pour revendiquer une identité. Gays, Lesbiennes, Bi, Trans… Le monde Queer, en musique, est un monde de la nuit peuplé de Drag Queen et de paillettes, de punk féministes et de Disco Queen. En plein débat sur le « djendeur », Sodome et Gomorrhe dédie cette chronique aux Copé, Boutin, Bourges, à Ludovine et ses amis, et à tous les connards et connasses de France et d’ailleurs qui prônent le retour de l’inquisition et de la censure artistique.

Au commencement, il y avait… Boy George

Non, ce n’est pas vrai, ce n’est pas le premier. Bien sûr il avait Freddy avant. Mais Freddy vous le connaissez, vous êtes des champions, et puis il n’était pas si queer que ça, Bowie faisait beaucoup mieux dans l’ambiguïté sexuelle en étant parfaitement hétéro. Alors si vraiment il faut choisir un commencement à cet article, ce sera Boy George. Boy George, cette créature bizarre à la coiffure incertaine, parfaitement androgyne, et dont il est très claire que sa sexualité sort de tous les codes de l’hétéro-monde dans lequel nous vivons. Alors au commencement, il y avait Boy George, et Culture Club, « Karma Chameleon »:

Évidement, les paroles également sont ambiguës, et on croirait entendre une parfaite revendication Queer quand Boy George se déhanche en chantant « I’m a man (a man) without conviction / I’m a man (a man) who doesn’t know ». Et ce clip (CE CLIP) ! Alors oui, c’est (un petit peu) kitsch, c’est coloré, c’est bizarre, oui, tellement bizarre, c’est disco, c’est pop, c’est Queer. Boy George, aujourd’hui, évolue en solo, sans Culture Club (qu’il menace pourtant de reformer, on croise les doigts), et vient de sortir un album magnifique où sa voix éraillée par la vie se pose sur des morceaux pop d’un britishitude ultime, alors pour commencer, voici « My God »:

Cet album s’intitule « This is What I Do » et contient douze perles que je vous ordonne d’écouter. Et pour achever de vous convaincre, voici un deuxième clip, « King Of Everything », où un Boy George émouvant montre que malgré les coup essuyés, il est toujours là.

Divine Drag Queen

Harris Glen Milstead, plus connu(e) sous le nom de Divine. Acteur et chanteur Drag Queen né en 1945, il est célèbre pour ses rôles dans les films de John Waters. Mais Divine a sorti quelques single, dont cet OVNI: « Shake It Up ».

Et alors là, je sais, vous vous dites: « Il va loin, Oskar, c’est pas bien de nous montrer des choses comme ça. » Quand je disais que Divine a sorti quelques single, c’est pas des blagues, il y en a encore: « Shoot Your Shot ».

Divine, hélas, est mort en 1988 d’une apnée du sommeil, et c’est quand même une mort stupide. Alors pour se consoler de ne plus entendre la voix éraillée de Divine, une troisième pour la route, en live à Top Of The Pops: « You Think You’re A Man »:

RuPaul

L’héritier de Divine, dans le monde moderne, c’est RuPaul. Icône Drag Queen, RuPaul fait aussi de la musique, épisodiquement, plus ou moins réussie, une pop éectro souvent racoleuse mais on pardonne: c’est ce qui fait le charme du Queer, l’excès, le trop, le kitsch, le vulgaire, OUI. Alors pour commencer, « Cover Girl (Put The Bass In Your Walk) »:

Ensuite, vraiment, je ne pouvais pas faire une Dirty PÖP sur le Queer et ne pas citer Lady Gaga. Elle qui aime toujours chanter dans les clubs gays au milieu des drag queen, elle qui a tant fait pour la visibilité des trans en les mettant en vedette de son clip « Telephone » (feat. Beyoncé) au point de se faire censurer aux Etats-Unis comme en France (et oui, des trans à la télé, quelle horreur!). Voici donc « Fashion », morceau délicieusement disco de son dernier album « ARTPOP » en duo avec… RuPaul, et c’est trop bon.

Amanda Lepore

Je sais, je vous en ai déjà parlé quelque part sur ce blog. Mais on parle Queer, alors je ne peux pas passer à côté d’Amanda Lepore, icône trans aux airs de Marilyn sous acide.Et tient, puisqu’on parle de « Marilyn »…

J’ai toujours trouvé ce clip magnifique, et Amanda Lepore tellement, tellement belle. Mais son clip le plus Queer reste « Doin’ It My Way ». Et pas seulement parce qu’il plein de Gogo dancers, de beaux garçons pas très très habillés, de paillettes, de lasers et de dancefloors en sueur, non, pas juste pour ça, on y croise aussi Boy George et Jake Shears, le (sexy) chanteur des « Scissor Sisters »:

Et puisque sa musique est quand même plus réjouissante de celle de RuPaul, finissons sur « Cotton Candy »:

Du Rap QUEER ?

Ouaip. Cazwell est un rappeur gay comme il en existe quelques uns, mais un des seuls à revendiquer visuellement et bruyamment cette identité Queer, en faisant de fréquents featuring avec, au hasard, Amanda Lepore (on l’aperçoit dans « Cotton Candy » et, bien sûr, dans « Marilyn »). Alors voici un de ses clips les plus NSFW (mais gentiment, hein, on est pas des barbares): « Rice and Beans ».

Quand je disais Queer et featuring, j’avoue que je ne connaissais pas encore ce clip, où il appelle en renfort les artistes Queer Manila Luzon, Roxy et Richie Beretta sur le titre « Helen Keller », et c’est plutôt bon:

AAAAH, UNE PUNK !

Ben oui, je ne pouvais pas parler de Queer sans parler de la divine, l’unique, l’élégante Peaches, qui est à la musique ce que Despentes est à la littérature: un chargement de dynamite qui fait plutôt du bien. Alors pour commencer, du plus vieux, avec « Sex… (I’m a) »:

Et puisqu’il vous faut, je le sais, du punk pop électro bien sale avec un clip dans lequel des gens pas très habillés se battent dans de la boue et d’autres liquides pas très identifiés, voici « Mud »:

Avant toute réclamation indignée

Je tiens à dire que je sais, j’aurais pu parler de Gossip, de Queen, des Scissor Sisters, d’Adam Lambert, et de tous les groupes comme Kiss qui ont trouvé super marrant les cheveux longs et les maquillages improbables, j’aurais pu mais j’ai choisi un angle beaucoup moins mainstream à ce sujet, vous n’avez pas besoin de moi pour écouter les cris rageurs de Beth Ditto ou regarder la bave aux lèvre le déhanché de Jake Shears. Par contre, je sais que vous avez eu besoin de moi pour apprécier les courbes voluptueuses de Divine. Ne le niez pas.

Sincères Condoléances,

Oskar Kermann Cyrus

BONUS: Bon, la période Drag Queen de Marilyn Manson, je ne pouvais pas la louper. Alors We are stars now… in « The Dope Show »:

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2 réflexions sur “Dirty PÖP / Salement PÖP – QUEER !

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