Dirty PÖP / Salement PÖP : Karmin

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Depuis que je connais Karmin, je sais qu’il leur fallait un Dirty PÖP rien que pour eux. Ce duo Pop est constitué d’Amy Heidemann et de Nick Noonan, deux multi-instrumentistes entrés en collision au Berklee College of Music à Boston (oui, la même école d’où est sortie la géniale Esperanza Spalding et la même ville qui a produit Aerosmith, les Dresden Dolls ou les Pixies). Ensemble à la vie comme en musique, Karmin a enflammé internet avant de devenir une subtile mais néanmoins efficace machine à tubes. (playlist en fin d’article)

Tout commence en 2010, quand Nick et Amy se trouvent à Boston. J’aime imaginer le coup de foudre musical: au détour d’une salle, il joue du piano, elle passe en fredonnant, leurs regards se croisent et la musique se heurte furieusement. Je pense ne pas être très loin de la vérité, tant la fusion entre ex est totale: sur scène, en vidéo, en musique, leur complicité est manifeste, ils se complètent.

Amy chante et rappe un peu, mais à peur d’appuyer sur le bouton « Upload » de Youtube. Nick la convint de le faire et les voilà ensemble à reprendre les plus gros hits radios à deux, en acoustique, tous les deux derrière un clavier et un micro, parfois autour d’une percu et d’une guitare sèche. Ils font leur petit bonhomme de chemin sur la toile, sans vraiment décoller, sortent un EP en 2010, un album de reprises en digital et en 2011, la bombe.

Amy et Nick postent cette reprise hallucinante de « Look at me now », du connard Chris Brown (Je vous préviens, sur ce blog « Chris Brown » doit être systématiquement précédé ou suivi de « connard » et dérivés, les menaces de mort sont autorisées), en featuring avec Lil’Wayne (un autre mec canon, mais tout petit) et Busta Rhymes, mais toute seule, arrivant à surpasser le flow inimitable de Busta Rhyme. La vidéo enchaîne les millions de vues en quelques heures, les voilà embarqués dans un tourbillon médiatiques qui les mènera tout droit à la production d’un EP, « Hello », en passant par le plateau d’Ellen Degeneres:

Quelques semaines plus tard, profitant de l’explosion médiatique et du mega-buzz dont ils ont été l’objet, Karmin (qui est, en passant, la contraction de Carmen, chant, et Karma) sort « Crash Your Party », single lucide sur leur buzz peut-être éphémère (« Who do you think you are ? A super S T A R ? »). L’auto-dérision fait mouche, le single marche, et ils peuvent sereinement s’attaquer à l’écriture et l’enregistrement de leur premier EP.

Le style Karmin est déjà là: une musique simple, mais travaillée dans le détail, dans le petit riff de guitare en arrière plan, dans les chœurs sur le refrain, un très bon morceau pop, bien rythmé, avec le bridge rap désormais obligatoire.

En 2012, les revoilà avec un morceau plus lisse, de la pop plus classique, un chant plus attendu, mais le morceau fait un carton, et le single est certifié platine en peu de temps. Une raison à cela: il est efficace. On commence alors à voir en Karmin autre chose qu’un sympathique duo échappé des caves de Youtube le temps d’un buzz éphémère: une véritable machine à tube.

D’aucun pensent alors que Nick (oui, le mec canon en bleu au dessus) sert de faire-valoir à Amy, mais sa musique soutient son chant, son rythme guide son flow, sa présence est nécessaire à la symbiose du duo (of course). Mais Karmin comprend les critiques de ses fans et rectifie le tir dans les morceaux suivants, en mettant Nick un peu plus en avant.

Dans la foulée, ils sont invités à chanter au Saturday Night Live, véritable consécration, l’émission est une institution de la télévision américaine depuis 1975, passer au SNL, c’est s’assurer d’un certain succès. Ils chantent alors deux titre, dont l’hallucinant « I Told You So », un morceau hip-hop efficace, une véritable bombe musicale, bientôt accompagné d’un clip visuellement travaillé:

Quelques semaines plus tard, le duo sortent le clip d’un autre tube en puissance: le jouissif « Hello ». Musicalement et visuellement, c’est une belle surprise: le duo prouve qu’il n’est pas arrivé sur la scène musicale pour faire de la figuration. Le flow d’Amy est addictif, la production léchée, le tout est de la même pop-hip-hop simple mais travaillée, avec tout juste assez d’originalité pour se démarquer.

Le morceau fait lui aussi un carton, tout comme l’EP qui l’accompagne et qui  rencontre un certain succès. En France et en Europe, bien que Karmin reste un un nom relativement inconnu, on peut entendre certains de leurs morceaux passer régulièrement à la radio. S’ensuit alors un silence relatif: ils se produisent dans le monde entier, attirent les foules et se rodent à la scène. Ils enregistrent aussi leur tout premier album. En 2013, enfin, ils sortent de leur silence avec l’incroyable « Acapella », autre titre coup de poing, basé sur un jeu de superposition de voix (de Nick) en fond, très peu d’instru, et la voix d’Amy, son chant et son flow incroyable, pour habiller l’ensemble. Le tout est accompagné d’un clip visuellement très réussi:

Simple mais inventif, voilà qui pourrait caractériser leur musique. Les voilà bien installé dans la paysage musical, leur album « Pulses » sur les rails, quand ils sortent quelques mois plus tard l »élégant « I Want It All ». Doté d’un groove imparable que les Daft Punk ne renieraient pas, le morceaux est servi par une belle ligne de cuivre sur le refrain, et d’une très belle guitare qui accompagne tout le morceaux. La présence de Nick dans les morceaux et là encore réaffirmée, rendant l’ensemble plus cohérent.

« Pulses », sorti en mai, est une petite merveille, une véritable usine à tubes (l’intro de l’album est vraiment géniale) pas assez exploitée par les radios pour l’été (heureusement que Sodome & Gomorrhe est là pour le sauver). Karmin accompagne la sortie de l’album par leur dernier morceau, le brillant « Pulses », entraînant, ultra-efficace, et en plus on peut voir Nick sans t-shirt dans le clip, et ça c’est vraiment un plus.

En attendant leurs nouvelles aventures, Karmin est en tournée, et ça marche plutôt bien pour eux (c’est tout ce qu’on leur souhaite).

Site web

Sun, music, sex,

Oskar Kermann Cyrus

Bonus: la playlist de la chronique, avec pas mal de bonus (dont l’intégralité de l’EP « Hello »)

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