Heavy WAR : Metal Women !

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Il y a des genres musicaux où il est plus difficile d’exister quand on est une femme. D’emblée, on aurait tendance à penser que c’est plus facile d’être une femme dans le R’n’B, la Soul, et même le Rap que dans le Heavy Metal. Et bien non. Parce que si dans les trois genres susnommés, les femmes ont désormais une place bien acquises, il faut pour y entrer qu’elles se soumettent aux règles établies par les hommes, particulièrement en matière de sexualité (le plus souvent, il y a des exceptions dont nous parlerons autre part dans ce Summer). Dans le Heavy Metal, les femmes sont certes plus rares, mais autrement plus respectées. Disons le tout de suite: les voix féminines les plus belles et les plus singulières sont metalleuses. Sodome et Gomorrhe vous offre une balade dans le Metal féminin.

Doro, la Metal Queen

Au commencement, il y avait Doro. Ou presque. Je ne sais pas exactement si c’est la première, mais certainement la plus légendaire. Doro est au Metal ce que Joan Jett est au rock: une icône indéboulonnable. Et tous les combos masculins, type Metallica, n’y pourront jamais rien. A 50 ans et toutes ses dents, cette légende du Metal allemand affiche avec le sourire plus de 30 ans de carrière, avec toujours autant de succès qu’à ses débuts avec son groupe Warlock. Un petit aperçu de ce que ça donnait en live, en 1985:

Avec ses airs de guerrière viking, Doro faut pas l’emmerder. Petit à petit, les membres de Warlock s’en vont, elle décide donc de renommer le groupe à son nom, et entame une nouvelle page de sa carrière, qu’elle continue à écrire aujourd’hui. 30 ans plus tard, Doro est toujours en mode cuir-tatouages, joue encore de sa voix éraillée. Dans son dernier clip, elle se paie même le luxe d’inviter Rick Genest, le « Zombie Boy » aperçu notamment dans le clip « Born This Way » de Lady Gaga.

Crucified Barbara, les héritières

Chez les jeunes, il y a Crucified Barbara. Si vous voulez mesurer la dose de sexisme qui perdure dans un milieu quelconque, lisez la presse spécialisée. « girls band », « groupe de Playmates » et même « poupées gonflables », les articles sur Crucified Barbara, écrits par des hommes, sont de véritables perles. Leur défaut, pour cette presse masculine, c’est de n’avoir aucun homme dans le groupe. Quatre femmes, aucun homme.

Des airs de Riot Grrrl Metal, la voix éraillée, le cuir, les tatouages, l’héritage de Doro est clairement affiché, l’empreinte de la Metal Queen est marquée au fer rouge sur l’ADN de ces quatre Metal Women. Fondé en 1998, le groupe ne sort son premier album qu’en 2004… la faute à des labels frileux ? Qu’importe, les Crucified Barbara sont toujours là, et font toujours leur petit effet en Fest. Alors quittons-les en beauté, avec leur tout dernier titre, « To Kill A Man ».

Liv Kristine, prêtresse nordique

Avec Liv Kristine, on ne peut qu’avoir une relation compliquée. Ancienne chanteuse de Theatre of Tragedy, groupe qui la limoge sans raison en 2003 d’une manière peu élégante, Liv Kristine fonde aussitôt le groupe Leave’s Eyes, avec qui elle officie toujours de temps en temps, quand sa carrière solo (à oublier vite fait), ne lui prend pas trop de ses journées. Ma rencontre avec Liv Kristine s’est faite par le groupe de Black Metal Cradle Of Filth, le temps d’un featuring sur l’excellent morceau « Nymphetamine Fix », dont le clip magnifique me hante encore aujourd’hui.

Avec des débuts beaucoup trop sirupeux pour moi, Leave’s Eyes étaient très mal parti pour atterrir ici. Mais avec le temps, le groupe s’est endurci, et malgré un son pas toujours très heureux, envoie quand même pas mal, plus Heavy, tout en gardant cette esthétique Viking des grands espaces norvégiens, certes un peu kitsch, mais qui délivre tout de même un certain charme.

Sharon Den Adel, l’icône glam

Et quand on parle de kitsch, le nom de Within Temptation est aussitôt évoqué. Des paillettes, une gestuelle un poil too much, un chant maniéré, des airs de blockbuster mainstream, Within Temptation n’attire pas vraiment les sympathies underground du public Metal. C’est un peu le plaisir coupable: tout fan de metal cache, derrière ses albums de Gorgoroth, un album de Within Temptation. Si. Juré. Et s’il faut parler tube, le refrain du fameux « Angel » ne vous est pas forcément inconnu.

Il faut pourtant avouer une chose: ils osent. Ils osent et ça marchent. En live, les Within Temptation envoient bien plus que n’importe quel groupe de puriste du Metal. Certes, la grosse production aide pas mal à entrer dedans, mais le groupe dans l’ensemble est excellent: bonne présence, bon contact avec le public, la rencontre est instantanée et fonctionne à chaque fois. Et quand ils osent, et bien ça donne un featuring hallucinant avec le rappeur américain Xzibit, « And We Run » (en live, ce morceau est une tuerie).

Simone Simons, brillante autodidacte

Là, on arrive aux poids lourds du metal féminin. Aux voix qui vous font dresser les poils de partout. En vérité, il y a deux voix qui surpassent toutes les autres dans le Metal féminin, et Simone Simons en fait partie. Autodidacte, elle est l’iconique chanteuse de l’excellent groupe néerlandais Epica. Epica porte bien son nom: une musique épique mais jamais répétitive, des choeurs magnifiques parce que sobres, des riffs rageurs d’une puissance destructrice et une chanteuse dont la voix pourrait presque vous faire croire en l’existence de Dieu (oui, c’est un comble).

En parlant de Dieu, quand Simone Simons décide de reprendre un monument de la musique classique, les frissons vous prennent avant même qu’elle ai ouvert la bouche. Si en plus elle le fait avec une autre superbe voix autodidacte (et accessoirement nouvelle chanteuse du groupe finlandais Nightwish), là vous pleurez. Si en plus le groupe a eu la bonne idée de le filmer pour le mettre dans leur tout premier DVD live, là, vous courrez vous ruiner dans cette merveille. Savourez.

Tarja Turunen, la Diva

LA voix du metal féminin, c’est elle. Tarja Turunen, chanteuse lyrique de formation, compositrice, pianiste, véritable icône dans son pays (la Finlande), elle fut aussi la figure de proue d’un des plus grand groupe de Metal Symphonique: Nightwish. Pour tout vous avoué, j’ai jamais vraiment aimé ce qu’ils faisaient en studio, mais ils ont toujours été excellent en live. Alors pour vous, leur reprise de « Phantom of the Opera », dernier concert avec Tarja:

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’au moment de ce dernier concert, Tarja ignorait totalement qu’elle allait être viré à peine sortie de scène. Le groupe, soucieux de filmer ce dernier DVD avec Tarja pour s’en mettre plein les poches, lui avaient caché ce détail, et lui ont simplement donné une lettre avant de s’enfuir courageusement. Effondrée, elle ne se laissera pas faire et entamera une carrière solo beaucoup plus intéressante que la variété dégoulinante du groupe qu’elle venait de quitter. Pour preuve, un de ses derniers morceaux, où elle explose le Boléro de Ravel.

Allez, et comme je ne peux pas résister, quand Tarja et Sharon Den Adel unissent leurs forces, ça donne ça:

Sex, music, sun,

Oskar Kermann Cyrus

Bonus: la playlist Metal Women, avec des tas de bonus (et des voix inédites)

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3 réflexions sur “Heavy WAR : Metal Women !

  1. Dans le rayon « voix de metalleuse qui colle des frissons », je me permets de poser une bombe ici pour présenter Jennie-Ann Smith, la chanteuse du groupe suédois Avatarium. Moins connue, certes, mais tout aussi talentueuse que ses consœurs de l’article. (et qui sait, ça permettra peut-être de faire une découverte!) :

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