Marc-Edouard Nabe, « Au régal des vermines »

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Il y a en France toute une liste d’écrivains que de grands intellectuels comme Caroline Fourest ou Gérard Miller nous entraînent quotidiennement à détester sans les lire. Nabe fait partie de ceux-là, peut-être même est-il au sommet de cette liste. Nabe. Marc-Edouard Nabe. Pseudonyme d’Alain Zannini, fils de Marcel Zanini, guitariste à ses heures perdues et surtout : écrivain. Grand écrivain, pour être tout à fait honnête. Et pourtant, si ses livres traînent dans les bibliothèques, c’est dans l’Enfer, là où personne n’ira les chercher. Pourquoi ? Parce qu’à son nom est systématiquement accolé un mot : « antisémite ». Dans la vieille bourgeoisie intellectuelle de Saint-Germain-des-Prés, lire Nabe est interdit, proscrit, défendu, et en dire du bien vous promet, vous aussi, à l’Enfer. Finalement aucune différence entre ce clergé-là et le Vatican : une nuée d’évêques accrochés à leurs certitudes comme Monaco à son rocher. Lire la suite

Louise Erdrich – Le jeu des ombres

Le jeu des ombres - Louise Erdrich

Mes chers amis. J’ai pensé que ça manquait vraiment de livres, par ici. Je veux dire: il est bien clair que c’est un blog littéraire, dans le sens où j’y consigne les pires de mes déviances dans des textes que personne ne lit, ou presque. Mais paradoxalement, j’écris assez rarement sur les déviances des autres. Et, bon, je parle de déviance parce que pour moi la littérature est par essence une déviance. Elle n’existe que pour empêcher le monde de tourner correctement, dans une trajectoire trop lisse, trop droite, trop parfaite. La littérature existe pour frapper. Et c’est donc pourquoi j’ai pris la résolution de faire part des mes lectures un peu plus souvent. Lire la suite

Stephen King: le fascisme sous le « Dôme »

Il est assez courant de penser Stephen King comme un simple écrivain divertissant. Tout juste lui accorde-t-on le génie nécessaire pour raconter de bonnes histoires d’horreur. Stephen King est pourtant un écrivain majeur de la littérature américaine. Ses livres ne s’arrêtent pas à la description talentueuse de phénomènes surnaturels, mais dessinent toujours une fresque sociale minutieuse, portée par des personnages profonds et complexes, fresque décrivant les rapports souvent compliqués entre classes et générations, les coulisses plus sombres du « rêve américain », et l’individualisme profondément ancré dans la culture nord-américaine. Dôme, colossal roman de plus de 1000 pages, n’échappe pas à cette règle, mais est aussi et surtout une terrifiante chronique de la montée du fascisme. Lire la suite